A) Les problèmes du plastique pétrochimique


Les problèmes du plastique pétrochimique proviennent tout d’abord de la multiplication de son utilisation. Ainsi de multiples plastiques ont été créés dans des quantités énormes, les déchets sont donc eux aussi à la hauteur de leur utilisation. Aujourd’hui on utilise dans le monde 500 à 1000 milliards de sacs en plastique  par an. Ces sacs plastiques viennent grossir la pollution des mers. En effet 5 millions de tonnes de déchets sont rejetés à la mer dont 60 à 95 % sont du plastique. Or une bouteille en plastique, par exemple met plusieurs siècles pour se dégrader et si elle est à l'abri de la lumière, ce temps peut-être encore plus long. Le plastique pollue plusieurs fois lors de son « existence ». Il n’y a pas que les déchets du plastique qui sont polluants, le plastique est en lui-même dangereux car il contient des produits parfois très toxiques pour l’homme. Ainsi on peut diviser la pollution du plastique en trois étapes : tout d’abord lors de sa création, puis durant son utilisation et enfin lorsqu'il est rejeté.

 

1) La création d’un plastique pétrochimique

 

Le plastique pétrochimique est un dérivé du pétrole, il contribue donc à sa disparition. En effet en juin 2008 des scientifiques ont évalué l’épuisement de toutes les nappes pétrolières d’ici 2050 si le rythme actuel de consommation, qui est de 80 Mbbls/jour, ne baisse pas.

De plus, l’extraction du pétrole du sous-sol entraine beaucoup de pollution à cause des machines qui brûlent du carburant et laissent échapper du carbone, mais aussi à cause de la quantité d’eau utilisée pour le traitement du pétrole lourd afin qu’il devienne utilisable. Mais en soit la création du plastique n’est pas très polluante, mise à part la production du PVC qui  rejette des dioxines, des substances cancérigènes.  

 

2) L’utilisation du plastique pétrochimique


Un objet issu du plastique pétrochimique peut dans un usage courant libérer des produits chimiques dangereux pour l’homme. Ces produits chimiques sont différents pour chaque famille de plastique. L'industrie du plastique a créé un système de sept codes pour faciliter la reconnaissance de ces familles. Vous pourrez les trouver en regardant en dessous du produit (ex: en dessous des bouteilles). Un produit toxique est présent dans chaque famille :

  • Plastic pete1.png : ou PET c’est à dire Polyéthylène Téréphtalate. Il est utilisé pour les bouteilles de boissons gazeuses, d'huile de cuisine... C'est actuellement le plastique le plus recyclable. Il a été choisi comme le plastique le plus sûr pour contenir des liquides. Pourtant une étude allemande vient de montrer la présence d’antimoine, un poison comparable à l’arsenic, dans l’eau des bouteilles. Cette toxicité augmente au fur et à mesure du temps que l’eau passe dans la bouteille.
  • Plastic pvc3.png: ou PVC c’est à dire polychlorure de vinyle. C'est le 3ème plastique utilisé dans le monde (16,5% de l'ensemble des plastiques). Il est beaucoup utilisé dans les supermarchés pour emballer des aliments comme le fromage ou la viande. Pourtant quand ce plastique est en contact avec des aliments chauds ou gras, il libère des produits chimiques comme les adipates ou les phthalates. Ces produits chimiques ont été donnés à des souris qui ont alors présenté des malformations de naissance ou des dommages irréversibles au niveau du foie, des reins, des poumons et du système reproductif.
  • Plastic pp5.png: Polypropylène (PP). Ce plastique est employé le plus souvent pour les tasses des enfants ou pour les objets réutilisables comme les gourdes ou certains récipients alimentaires. Mais une étude canadienne a démontré que le PP rejetait naturellement  un produit chimique dangereux pour l’homme : le Quaternary.
  • Plastic ps6.png: Polystyrène (PS). Le polystyrène est utilisé pour les couverts en plastique par exemple. Or ce plastique rejette, surtout quand on le chauffe, du styrène, un cancérigène potentiel.
  • Plastic other7.png: Comme le polycarbonate présent dans  la plupart des biberons et certaines tasses pour bébé. Cependant ce plastique contient  du bisphénol-A, un produit chimique qui peut dérégler le système hormonal, comme le montre une expérience avec des souris enceintes en 2003, où l'on a remarqué des erreurs de divisions cellulaires du fœtus. Le bisphénol-A peut s’exfiltrer du plastique s'il est chauffé, exposé à une solution acide ou utilisé pendant de nombreuses années.

 

3) Le devenir du plastique rejeté


Après avoir été utilisé, l’objet est jeté ; il y a alors différentes façons de s’en débarrasser : la mise en décharge ou l’incinération par exemple.

 Quand les plastiques sont mis en décharge, comme ils ne sont pas biodégradables, ils restent tels qu’ils sont et, emportés par le vent, ils enlaidissent le paysage, c’est une pollution visuelle. Ainsi au Kenya les sacs plastiques ont été bannis car il y en avait tellement dans la nature qu'ils le surnommaient leur « fleur nationale ». De plus certains plastiques sont constitués de métaux lourds qui peuvent alors être relâchés dans l’environnement. Les plastiques étant aussi imperméables, ils favorisent la création de poches de gaz comme le méthane ce qui peut augmenter le risque d’incendie ou d’explosion, surtout dans les décharges non contrôlées.

Le plastique pollue surtout quand sa fin de vie n’est pas contrôlée créant des énormes décharges à  ciel ouvert dans la plupart des grandes villes des pays pauvres comme au Caire :

                                

 

Il est aussi nuisible quand il est lâché directement dans la nature comme dans les océans. Ainsi, selon le capitaine Charles Moore : « les océans sont devenus une véritable soupe de plastique ». La zone la plus polluée est au niveau du tourbillon du Pacifique nord surnommé la grande plaque de déchets du Pacifique qui à elle seule représente la moitié des déchets plastiques des océans. Selon les Nations-Unies il y a 18 000 déchets de plastique par km2. Ce plastique provient par exemple des détritus dans les caniveaux qui passent dans les rivières pour aller ensuite dans les océans, ou alors des bateaux qui rejettent directement leurs poubelles dans la mer. Or les animaux marins confondent les petits morceaux de plastique avec leur nourriture, ce qui les rend malades. Et quand un autre poison mange un des poissons ayant ingurgité du plastique, il y a ce que l’on appelle une bioaccumulation qui se poursuit le long de la chaine alimentaire jusqu’à nous. De même, des dauphins s’étouffent avec les sacs plastiques, des coraux meurent à cause de la pollution de leurs mers ; la nature meurt. Voici une image saisissante qui montre à quel point les fonds marins sont pollués.


                               

 

L’incinération n’est pas non plus sans danger. Certains plastiques en brûlant libèrent des produits toxiques comme le PVC qui rejettent des dioxines, des substances cancérigènes. Il faut donc traiter les fumées produites lors de la combustion pour essayer d’éliminer le maximum de produits toxiques sans être sûr que le résultat soit parfait. En effet certains produits sont dangereux pour l’homme et d’autres polluent l’atmosphère créant des pluies acides qui abîment la nature. Mais l’incinération a un avantage par rapport à la mise en décharge c’est la possibilité de récupération d’énergies émises lors de la combustion, cela s’appelle la valorisation énergétique.

 

Le public, prenant conscience des dangers du plastique pétrochimique et des enjeux environnementaux, a commencé à vouloir changer son mode de consommation, mais en conservant les avantages de cette matière très pratique qu’est le plastique. C’est ainsi que sont nées de nouvelles façons de détruire les déchets avec la valorisation énergétique mais aussi le recyclage.

 

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